
98 % des entreprises françaises jugent l’IA déjà décisive pour leur croissance

« L’intelligence artificielle est la nitroglycérine de la transformation digitale. » C’est avec cet enthousiasme affiché que Vincent Montet, vice-président de l’ACSEL, a ouvert la 9ᵉ édition de la remise du baromètre Croissance & IA, organisée le 16 avril au ministère de l’Économie et des Finances.
Réalisé par OpinionWay auprès de 502 décideurs d’entreprises de 100 à 5 000 salariés (PME et ETI), ce baromètre a livré des « résultats grisants », selon Cyril Grira, dirigeant chez Oracle et à l’origine de cette étude consacrée à la confiance des Français dans le numérique et aux effets de l’intelligence artificielle sur les entreprises.
Première donnée marquante : 98 % des répondants estiment que l’IA a déjà eu un impact sur la croissance récente de leur entreprise. « Un chiffre dingue, et qui peut encore évoluer dans les prochaines années », a-t-il souligné.

Un tiers des entreprises attribuent même plus de 10 % de leur progression à l’IA. Parmi celles en forte croissance, 95 % citent le digital comme contributeur majeur à leur chiffre d’affaires, contre 62 % un an plus tôt.
L’intelligence artificielle est perçue comme une opportunité stratégique majeure par la majorité des organisations, tandis qu’une minorité la considère avant tout comme une contrainte liée à la pression concurrentielle.
« L’innovation technologique comme levier de croissance »
Autre enseignement mis en avant : « cette année, on retrouve l’innovation technologique comme levier de croissance », a poursuivi Cyril Grira. Elle est citée par 55 % des entreprises, légèrement devant l’amélioration de l’efficacité opérationnelle (51 %) et l’investissement dans le marketing et la publicité (33 %).
L’IA s’impose d’ailleurs plus rapidement que toutes les révolutions numériques précédentes : une majorité de dirigeants le confirment, et un sur cinq estime même que cette accélération est dix fois supérieure à celle des précédentes révolutions numériques.
Résultat, 42 % des entreprises ont déjà atteint une maturité avancée dans leur déploiement et 83 % classent l’IA parmi leurs investissements prioritaires pour 2026.
La confiance progresse également : une large part des répondants rejette l’idée selon laquelle l’IA amplifierait les erreurs lorsqu’elle est utilisée sans compréhension approfondie des enjeux métiers.
Par ailleurs, les jeunes diplômés sont jugés indispensables par les personnes interrogées pour accélérer l’adoption de l’IA. Une partie des organisations indique être à un stade avancé de structuration, quand une minorité se situe encore à un stade préliminaire.
La souveraineté des données comme point de vigilance
Enfin, alors que certains auraient pu imaginer le secteur de la construction et du BTP moins concerné par l’implémentation de l’IA, c’est l’inverse qui se dessine dans cette étude.
Selon cette dernière, l’intelligence artificielle améliorerait déjà la performance de plus de la moitié des PME et ETI, et 83 % des entreprises du secteur interrogées déclarent l’utiliser pour optimiser l’efficacité de leurs processus opérationnels, nettement plus que la moyenne des autres entreprises (72 %).
L’écart est encore plus marqué lorsqu’il s’agit de renforcer la qualité et la pertinence des décisions : 93 % dans la construction, contre 65 % pour le reste des secteurs.
Dans le même temps, cette accélération s’accompagne d’une vigilance accrue face aux risques, notamment en matière de sécurité et de fiabilité. Une large part des entreprises prend en compte les enjeux liés à la protection des données, à la cybersécurité, à la fiabilité des résultats produits par l’IA ainsi qu’aux risques juridiques.
La souveraineté s’impose également comme un point de vigilance majeur, qu’il s’agisse des données ou des technologies. Pourtant, au moment de déployer ces solutions, 34 % des entreprises privilégient des outils d’IA « clé en main » proposés par des acteurs externes, tandis qu’une part plus réduite opte pour une internalisation
Une tension qui illustre, en creux, les arbitrages encore à trouver entre accélération technologique et maîtrise stratégique. Dans ce contexte, le gouvernement avait d’ailleurs annoncé en début d’année la création d’un Observatoire de la souveraineté numérique, destiné à mesurer les dépendances technologiques de la France afin de mieux les réduire.

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