
A Fleury-Mérogis, le ministre de l’Intérieur rencontre la brigade de gendarmerie dédiée au centre pénitentiaire

La première unité de gendarmerie entièrement dédiée à un centre pénitentiaire, chargée de lutter contre la criminalité et la délinquance en lien avec la prison, a été présentée ce 11 septembre au ministre de l’Intérieur.
Cette brigade de recherches, opérationnelle depuis le 1er août et composée de 23 militaires, opère à Fleury-Mérogis, le plus grand centre pénitentiaire d’Europe.
L’établissement compte, selon la gendarmerie, 5 100 détenus, pour une capacité théorique de 2 990 détenus, alors que la surpopulation carcérale chronique a été pointée du doigt par un rapport récent du Conseil de l’Europe, la France étant avec la Turquie le cancre du continent européen.
Plus de 7 400 incidents y ont été répertoriés l’an dernier, dont des milliers de saisies d’objets interdits ou de substances illicites, en plus d’environ 500 cas de violences sur le personnel, selon la gendarmerie.
L’usage de drones, un « phénomène en augmentation »
A l’issue de sa visite, Laurent Nuñez a salué une « brigade nouvelle et innovante », « illustration de [la] volonté constante d’adapter et d’optimiser [les] moyens aux réalités de la délinquance », selon un message publié sur X.
Pour Didier Kandassamy, secrétaire local de Force ouvrière à Fleury-Mérogis, la création de la brigade de recherches est « une bonne initiative », mais qui reste « insuffisante ».
Dans la lutte contre les drones, qui sont majoritairement utilisés la nuit, l’administration « pénitentiaire aussi doit se doter de ses propres moyens », a-t-il estimé auprès de l’AFP. « Les drones sont responsables de pas mal d’introductions d’objets illicites, pas seulement les stupéfiants, on parle aussi d’armes, de couteaux en céramique », a-t-il précisé.
L’établissement est en effet considéré comme le « plus grand point de deal en zone de gendarmerie nationale », avec de nombreuses livraisons au parloir ou par drone. Car l’usage de drones est un « phénomène en augmentation », « à fort attrait pécuniaire », puisqu’une livraison à destination de détenus coûte environ un millier d’euros et qu’un drone peut se vendre 1 500 euros, avec une marge importante de revente à l’intérieur de la prison, selon la gendarmerie.
Du 12 au 30 août, 48 survols du centre pénitentiaire ont été recensés. Le 10 septembre, un télépilote a été interpellé en flagrant délit et son drone a été saisi, ainsi qu’un colis de cannabis.

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