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La société civile professionnelle (SCP) est une forme juridique spécialement conçue pour permettre à plusieurs professionnels libéraux réglementés d’exercer leur activité en commun.
Souvent choisie par les avocats, médecins, notaires, architectes ou experts-comptables, la SCP permet de mutualiser les moyens, partager les honoraires et structurer une activité collective tout en conservant une certaine indépendance professionnelle.
Mais comment créer une SCP ? Quelles professions peuvent y recourir ? Quels sont ses avantages, ses contraintes et son régime fiscal ? Voici le guide complet.
La société civile professionnelle est une société civile permettant à plusieurs personnes physiques exerçant une même profession libérale réglementée de s’associer.
Son objectif est simple : exercer ensemble, partager les revenus et les charges, tout en conservant une organisation commune.
La SCP se distingue d’autres structures comme la SELARL ou la SELAS par son régime plus traditionnel et son caractère fortement lié à l’exercice personnel de la profession.

La société civile professionnelle n’est pas ouverte à tous.
Seules certaines professions libérales réglementées peuvent y recourir, sous réserve que leur réglementation l’autorise.
Les principales professions pouvant exercer en SCP sont :
Avocat
Commissaire de justice
Administrateur judiciaire
Mandataire judiciaire
Conseil en propriété industrielle
Médecins
Chirurgiens-dentistes
Sages-femmes
Infirmiers
Masseurs-kinésithérapeutes
Orthophonistes
Orthoptistes
Pédicures-podologues
Vétérinaires
Pharmaciens (sous certaines formes spécifiques selon la réglementation applicable)
Géomètres-experts
Experts-comptables (la SCP demeure possible, même si la SELARL et la SELAS sont aujourd’hui plus fréquentes)
Une même profession obligatoire
En principe, les associés doivent exercer la même profession.
Chaque profession dispose de règles spécifiques fixées par ses textes professionnels.
Conseil JSS : avant toute création, vérifiez auprès de votre ordre professionnel ou de votre autorité de tutelle que la SCP est bien autorisée.
La société civile professionnelle répond à une logique de mutualisation et de développement collectif.
Créer une SCP permet de partager :
Cela réduit les charges individuelles.
Les honoraires sont mis en commun, ce qui permet une gestion collective du chiffre d’affaires.
La SCP facilite l’entrée ou la sortie progressive d’associés dans certains cabinets.
Elle est souvent utilisée dans une logique de transmission intergénérationnelle.
Malgré ses avantages, la société civile professionnelle présente plusieurs limites.
Les associés sont responsables des dettes sociales sur leur patrimoine personnel.
C’est un point de vigilance important.
Chaque associé reste personnellement responsable de ses fautes professionnelles.
Exemple :
La SCP ne protège pas contre cette responsabilité.
Au-delà du droit des sociétés, chaque profession impose ses propres obligations :
Conseil pratique : anticipez les délais liés aux validations de votre ordre professionnel.
Bonne nouvelle : aucun capital minimum n’est imposé.
Une société civile professionnelle peut être créée avec 1 € symbolique.
Le capital peut être constitué de :
Les apports en argent.
Leur libération dépend souvent de la profession concernée.
Exemples :
Ils doivent être intégralement libérés à la création.
Compétences, savoir-faire ou expérience.
Ils donnent droit à des parts mais n’augmentent pas le capital social.
Le fonctionnement est largement organisé par les statuts.
La gérance
La SCP est dirigée par un ou plusieurs gérants.
En général :
Le gérant assure :
Les décisions collectives
Les modalités de vote sont prévues dans les statuts.
Certaines décisions importantes nécessitent souvent une majorité renforcée ou l’unanimité :
La société civile professionnelle étant une structure très personnalisée, l’entrée de nouveaux associés est fortement encadrée.
La SCP relève du régime des sociétés de personnes.
C’est le régime par défaut.
Les bénéfices sont imposés directement entre les mains des associés dans la catégorie des BNC (bénéfices non commerciaux).
Chaque associé paie l’impôt sur sa quote-part.
La répartition peut être :
La société civile professionnelle peut opter pour l’IS.
Dans ce cas :
Conseil JSS : l’option IS peut être intéressante pour capitaliser dans la société, mais elle doit être étudiée avec votre expert-comptable.
Les associés exerçant dans la SCP relèvent généralement du régime social des travailleurs indépendants.
Ils cotisent personnellement sur leurs revenus professionnels.
Leur protection dépend de leur caisse professionnelle (CNBF, CARPIMKO, CARMF, etc.).
Avant toute chose :
Cette étape est essentielle.
Les statuts doivent prévoir :
Conseil JSS : dans une société civile professionnelle, la rédaction des clauses de retrait ou de décès d’un associé est particulièrement importante.
Le dépôt du capital s’effectue selon les modalités habituelles.
Une attestation de dépôt est remise.
La création d’une SCP nécessite la publication d’un avis de constitution dans un support habilité pour les annonces légales mais certaines professions en sont dispensées. Vous pouvez les retrouver sur notre article “Collaborer en libéral”.
Le dossier comprend notamment :
Après validation :
Le coût varie selon la profession et l’accompagnement choisi.
Comptez généralement :
Prévoir un budget global moyen de 300 à 2 500 €.
Choisissez la SCP si :
Préférez la SELARL ou la SELAS si :
Peut-on créer une SCP seul ?
Non. Il faut au minimum deux associés.
Toutes les professions libérales peuvent-elles créer une SCP ?
Non. Cela dépend de la réglementation de chaque profession.
Peut-on choisir l’IS ?
Oui.
La responsabilité est-elle limitée ?
Non. Les associés restent responsables des dettes sociales et de leurs fautes professionnelles.
Créer une SCP permet à plusieurs professionnels libéraux de mutualiser leur activité dans un cadre juridique adapté à leur profession.
C’est une structure intéressante pour organiser un cabinet commun, partager les honoraires et structurer la croissance.
En revanche, elle implique une forte responsabilité personnelle et une réglementation professionnelle stricte.
Avant de vous lancer, prenez le temps d’analyser les alternatives comme la SELARL ou la SELAS.
Recourir au Journal Spécial des Sociétés (JSS) en tant que mandataire pour les formalités et la publication d’annonces légales vous assure :
N’oubliez pas de télécharger le pouvoir au JSS et de l’ajouter au dossier.
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