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Créer une société civile permet d’organiser l’exercice d’une activité de nature civile, de gérer un patrimoine ou de mettre en commun des moyens entre plusieurs professionnels. Avant de pouvoir exercer son activité, la société doit toutefois être immatriculée afin d’acquérir la personnalité morale.
L’immatriculation constitue l’ultime étape de la création d’une société civile. Elle intervient après la rédaction des statuts et l’accomplissement de plusieurs formalités obligatoires, notamment la publication d’une annonce légale et le dépôt d’un dossier sur le Guichet unique des formalités des entreprises.
Contrairement aux sociétés commerciales, les sociétés civiles sont destinées à exercer des activités non commerciales. Elles regroupent plusieurs formes juridiques, parmi lesquelles la société civile « classique », la société civile professionnelle (SCP), la société civile de moyens (SCM) ou encore le groupement foncier agricole (GFA).
À noter : si votre projet concerne la création d’une société civile immobilière (SCI), consultez notre fiche pratique dédiée, qui détaille les spécificités de cette forme de société.
Dans ce guide, découvrez les principales étapes pour immatriculer une société civile, les documents à préparer et les formalités à accomplir jusqu’à l’obtention de votre extrait Kbis.
Avant d’engager les formalités d’immatriculation, il est essentiel de déterminer si la société civile correspond à votre activité et de choisir la forme juridique la plus adaptée à votre projet.
Les sociétés civiles répondent à des objectifs variés, mais elles ont un point commun : elles exercent une activité de nature civile et non commerciale.
Le choix de la structure influencera notamment les statuts, les règles de fonctionnement de la société et les formalités à accomplir.
La société civile est réservée aux activités qui ne présentent pas un caractère commercial au sens du Code de commerce.
Elle est particulièrement adaptée lorsque plusieurs personnes souhaitent exercer ensemble une activité civile ou gérer un patrimoine commun.
Les activités concernées peuvent notamment être :
À l’inverse, une activité consistant principalement à acheter des biens pour les revendre ou à exercer une activité commerciale devra généralement être exercée sous une forme commerciale (SARL, SAS, SA, etc.).
Une société adaptée aux projets de long terme
La société civile est souvent choisie pour organiser durablement les relations entre plusieurs associés.
Elle permet notamment :
Cette souplesse explique pourquoi les sociétés civiles sont largement utilisées dans les projets patrimoniaux, familiaux ou professionnels.
Bon à savoir
Une société civile doit toujours poursuivre un objet social de nature civile. Si elle exerce une activité commerciale de manière habituelle, elle s’expose à des conséquences juridiques et fiscales pouvant remettre en cause son fonctionnement.
Il existe plus de 40 formes différentes de sociétés civiles au niveau du répertoire SIRENE de l’INSEE, ce qui a un impact sur l’obtention du code APE.
C’est pourquoi il est important que les statuts indiquent précisément la forme choisie qui correspond à une catégorie juridique précise ainsi que l’activité principale exercée.
La société civile « classique »
La société civile de droit commun est utilisée pour exercer une activité civile qui ne relève pas d’un régime spécifique.
Elle offre une grande liberté statutaire et permet aux associés d’organiser le fonctionnement de la société selon leurs besoins.
Elle peut notamment être utilisée pour gérer un patrimoine, détenir des participations ou exercer certaines activités civiles.
La société civile professionnelle (SCP)
La SCP est destinée à certaines professions libérales réglementées.
Elle permet à plusieurs professionnels exerçant la même profession de mettre en commun leur activité tout en partageant les bénéfices et les charges de la société.
Sa création est encadrée par des dispositions particulières propres à chaque profession.
La société civile de moyens (SCM)
La SCM n’a pas pour objet l’exercice d’une activité professionnelle en commun.
Elle permet à plusieurs professionnels, souvent issus d’une profession libérale, de mutualiser leurs moyens matériels et humains (locaux, personnel, équipements, secrétariat, etc.) afin de réduire leurs coûts de fonctionnement.
Chaque associé conserve toutefois sa propre clientèle et exerce son activité en toute indépendance.
Les autres sociétés civiles
D’autres formes de sociétés civiles existent pour répondre à des situations particulières.
Parmi les plus courantes figurent notamment :
Le choix de la structure dépend avant tout de l’activité exercée et des objectifs poursuivis par les associés.
La création d’une société civile suppose de définir dès l’origine les personnes qui participeront au projet ainsi que les principales règles de gouvernance.
Ces choix auront des conséquences sur le fonctionnement quotidien de la société et sur les relations entre associés.
Combien d’associés sont nécessaires ?
Une société civile doit compter au moins deux associés, qu’il s’agisse de personnes physiques ou de personnes morales.
Les associés réalisent des apports au capital social et reçoivent, en contrepartie, des parts sociales leur conférant des droits politiques et financiers.
La répartition du capital est librement déterminée lors de la constitution de la société.
Une responsabilité indéfinie des associés
Contrairement aux associés de nombreuses sociétés commerciales, les associés d’une société civile sont responsables des dettes sociales à proportion de leur participation dans le capital social.
Cette responsabilité est indéfinie, ce qui signifie qu’elle n’est pas limitée au montant de leurs apports.
Les créanciers doivent toutefois poursuivre la société avant de pouvoir, dans certaines conditions, agir contre les associés.
Il est donc essentiel que chaque associé mesure les conséquences de son engagement avant de participer à la création de la société.
Désigner un ou plusieurs gérants
Toute société civile est administrée par un ou plusieurs gérants.
Le gérant peut être un associé, un tiers à la société ou une personne physique ou, lorsque la loi le permet, une personne morale.
Il assure notamment la représentation de la société, la gestion courante, l’exécution des décisions des associés et les démarches administratives, dont les formalités d’immatriculation.
Ses pouvoirs sont fixés par les statuts ou, à défaut, par les dispositions légales applicables.
Définir un objet social précis
L’objet social décrit l’activité que la société est autorisée à exercer.
Sa rédaction mérite une attention particulière.
Un objet trop restreint peut limiter le développement de la société, tandis qu’un objet trop large ou imprécis peut susciter des difficultés lors de l’immatriculation.
Il est donc recommandé de rédiger un objet social suffisamment précis pour refléter l’activité réelle de la société, tout en conservant une certaine souplesse pour accompagner son évolution.
Attention
Une société civile ne peut exercer qu’une activité compatible avec sa nature juridique. Si elle exerce principalement une activité commerciale, une autre forme de société peut être plus appropriée.
Une fois la forme de société civile choisie et les grandes lignes du projet définies, les associés doivent préparer les documents indispensables à la constitution de la société.
Cette étape est essentielle : des statuts incomplets, un capital social mal défini ou une désignation imprécise du gérant peuvent retarder l’immatriculation, voire entraîner une demande de régularisation.
Prendre le temps de réunir des documents conformes permet de sécuriser la création de la société et de faciliter les formalités qui suivront.
Les statuts constituent l’acte fondateur de la société civile. Ils fixent les règles de fonctionnement de la société et encadrent les relations entre les associés.
Leur rédaction mérite une attention particulière, car ils s’appliqueront pendant toute la durée de vie de la société.
Les mentions obligatoires
Les statuts doivent notamment préciser :
Selon la nature de la société civile, d’autres clauses peuvent être nécessaires afin de répondre aux exigences propres à certaines activités réglementées.
Prévoir les règles de fonctionnement
Au-delà des mentions obligatoires, les statuts permettent d’organiser la gouvernance de la société.
Ils peuvent notamment préciser :
Des statuts bien rédigés limitent les risques de désaccord et facilitent la gestion de la société.
Bon à savoir
Les statuts peuvent être établis par acte sous signature privée ou par acte authentique lorsque la nature des apports ou la situation des associés l’exige.
Le capital social représente les ressources mises à la disposition de la société par les associés lors de sa création.
Contrairement à certaines idées reçues, aucune règle n’impose un capital social minimum pour créer une société civile.
Les associés déterminent librement son montant en fonction des besoins du projet.
Les apports en numéraire
Les apports en numéraire correspondent aux sommes d’argent versées par les associés.
Ils permettent notamment de financer :
Les modalités de libération des apports sont fixées par les statuts.
Les apports en nature
Les associés peuvent également apporter des biens autres que de l’argent.
Il peut notamment s’agir d’un immeuble, d’un terrain, de matériel professionnel, de titres financiers ou de tout autre bien utile à l’activité de la société.
Ces biens doivent être évalués afin de déterminer le nombre de parts sociales attribuées en contrepartie.
Capital fixe ou capital variable
Les associés peuvent choisir un capital fixe, qui ne pourra être modifié qu’en respectant les formalités applicables aux modifications statutaires.
Ils peuvent également opter pour un capital variable, si les statuts le prévoient.
Cette solution permet de faire évoluer le montant du capital dans certaines limites sans modifier les statuts à chaque variation, offrant ainsi davantage de souplesse.
Toute société civile doit être administrée par un ou plusieurs gérants.
Le gérant assure la gestion quotidienne de la société et représente celle-ci dans ses relations avec les tiers.
Sa désignation intervient dès la création de la société.
Une nomination dans les statuts ou par acte séparé
Le ou les gérants peuvent être désignés directement dans les statuts ou dans un acte distinct signé par les associés.
Cette seconde solution permet notamment de modifier plus facilement la gérance sans avoir à modifier les statuts.
Définir les pouvoirs du gérant
Les associés peuvent encadrer les pouvoirs du gérant dans les statuts.
Ils peuvent par exemple prévoir que certaines décisions nécessitent l’autorisation préalable des associés, notamment :
À défaut de dispositions particulières, le gérant accomplit les actes entrant dans l’objet social de la société.
Attention
Des pouvoirs insuffisamment définis peuvent être source de difficultés entre associés. Il est recommandé d’anticiper les principales situations susceptibles de se présenter au cours de la vie de la société.
Une Société Civile dispose par défaut du régime de la transparence fiscale (Impôt sur le Revenu – IR), mais elle peut opter pour l’Impôt sur les Sociétés (IS).
Cette information se déclare au moment de l’immatriculation et est transmise à la DGFIP.
De même, le régime de TVA est à choisir.
Une fois les statuts signés et le gérant désigné, la société civile doit accomplir plusieurs formalités avant de pouvoir être immatriculée.
Ces démarches permettent d’informer les tiers de la création de la société et de transmettre le dossier aux organismes compétents.
La création d’une société civile doit faire l’objet d’une publication dans un support habilité à publier des annonces légales du département où est situé le siège social.
Cette publicité permet de rendre publique la constitution de la société.
L’annonce comporte notamment :
Après publication, une attestation de parution est délivrée. Elle sera jointe au dossier d’immatriculation.
Bon à savoir
Aujourd’hui, la publication d’une annonce légale peut être réalisée entièrement en ligne, ce qui permet d’obtenir rapidement l’attestation nécessaire aux formalités.
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d’entreprise sont réalisées sur le Guichet unique des formalités des entreprises.
Le dossier est déposé par voie électronique puis transmis aux différents organismes compétents.
Vérifier le contenu du dossier
Avant toute transmission, il est conseillé de s’assurer que toutes les pièces sont complètes et cohérentes.
Une attention particulière doit être portée :
Un dossier incomplet peut entraîner une demande de régularisation et allonger les délais de traitement.
Après examen du dossier, les organismes compétents procèdent à l’immatriculation de la société.
Cette étape marque la naissance officielle de la personne morale.
La société est alors inscrite au Registre national des entreprises (RNE) et, lorsqu’elle y est soumise, au Registre du commerce et des sociétés (RCS).
Une fois la formalité validée, un extrait Kbis est délivré.
Ce document constitue la « carte d’identité » de la société. Il permet notamment de justifier de son existence auprès des banques, des administrations, des fournisseurs, des clients et des partenaires commerciaux.
À compter de son immatriculation, la société civile peut exercer son activité et agir en son nom propre.
Le dépôt d’un dossier complet constitue la dernière étape avant l’immatriculation de la société civile. Les documents à transmettre permettent aux organismes compétents de vérifier que la société a été régulièrement constituée et qu’elle remplit les conditions nécessaires à son immatriculation.
Si certaines pièces sont communes à toutes les sociétés civiles, d’autres dépendent de la nature de l’activité exercée, des apports réalisés ou encore de la qualité des associés et du gérant.
Une préparation rigoureuse du dossier permet de limiter les demandes de régularisation et d’accélérer le traitement de la formalité.
Plusieurs documents concernent directement la constitution de la société.
Ils permettent notamment de justifier de son existence, de son fonctionnement et de son siège social.
Le dossier comprend généralement :
Avant le dépôt, il est recommandé de vérifier que les informations figurant dans chacun de ces documents sont parfaitement cohérentes.
Une attention particulière au siège social
Le siège social constitue l’adresse administrative et juridique de la société.
Le justificatif fourni doit être en cours de validité et correspondre à l’adresse indiquée dans les statuts.
En cas de domiciliation auprès d’une société spécialisée, le contrat de domiciliation devra répondre aux exigences réglementaires.
Bon à savoir
Le siège social n’est pas nécessairement le lieu où l’activité est exercée. Il correspond à l’adresse officielle de la société, utilisée notamment pour les échanges avec les administrations et les partenaires.
Le représentant légal de la société doit également fournir plusieurs documents permettant de vérifier son identité et sa capacité à exercer ses fonctions.
Les pièces demandées varient selon que le gérant est une personne physique ou une personne morale.
Lorsque le gérant est une personne physique
Le dossier comprend généralement :
Ces documents permettent notamment de s’assurer que le gérant remplit les conditions légales pour administrer la société.
Lorsque le gérant est une personne morale
Si la gérance est confiée à une personne morale, des justificatifs complémentaires peuvent être nécessaires afin d’identifier son représentant légal et de vérifier son existence juridique.
Les documents demandés dépendent notamment de la forme de cette personne morale et de son lieu d’immatriculation.
Pour les associés
Il est nécessaire de fournir pour chaque associé une copie de sa pièce d’identité et son adresse à jour.
Certaines sociétés civiles doivent produire des justificatifs supplémentaires en fonction de leur activité ou des modalités de leur constitution.
En présence d’apports en nature
Lorsque des biens sont apportés au capital, des documents spécifiques peuvent être nécessaires afin de justifier leur nature et leur évaluation.
Selon les cas, ces pièces permettent également d’établir les droits transmis à la société.
Lorsque l’activité est réglementée
Certaines sociétés civiles exercent une profession soumise à des règles particulières.
Des autorisations administratives, inscriptions professionnelles ou agréments peuvent alors être exigés avant l’immatriculation.
Il est recommandé de vérifier les obligations applicables à la profession concernée avant de constituer le dossier.
En présence d’associés ou de dirigeants étrangers
Lorsque l’un des associés ou le gérant réside à l’étranger, des justificatifs complémentaires peuvent être demandés selon sa situation.
Ces pièces permettent notamment de vérifier son identité et, lorsque cela est nécessaire, sa capacité à exercer des fonctions de direction en France.
Attention
Les exigences documentaires peuvent évoluer selon la nature de la société civile et les particularités du dossier. Avant toute transmission, il est conseillé de vérifier que l’ensemble des pièces demandées est bien réuni.
Le coût de création d’une société civile varie selon plusieurs facteurs, notamment les formalités réalisées et le recours éventuel à un professionnel.
Les principaux frais à prévoir sont généralement :
Au-delà du coût, il est important de veiller à la qualité du dossier. Une erreur ou une omission peut entraîner une demande de régularisation et retarder la création de la société.
Créer une société civile implique de respecter de nombreuses formalités juridiques et administratives. Une erreur dans les statuts, l’annonce légale ou le dossier d’immatriculation peut retarder la création de votre société.
Avec MyJSS, vous bénéficiez d’un accompagnement complet pour sécuriser vos démarches :
Nos formalistes vous accompagnent à chaque étape afin de simplifier vos démarches et de vous permettre de créer votre société civile en toute sérénité.
L’immatriculation d’une société civile marque la naissance officielle de la société et lui permet d’acquérir la personnalité morale.
Pour mener cette démarche à bien, il est indispensable de choisir une structure adaptée à son activité, de rédiger des statuts complets, de constituer un dossier conforme et d’accomplir l’ensemble des formalités obligatoires, depuis la publication de l’annonce légale jusqu’au dépôt sur le Guichet unique.
Une préparation rigoureuse permet de limiter les risques de rejet et d’obtenir plus rapidement l’immatriculation de la société.
FAQ
Quelle est la différence entre une SCI et une société civile ?
La SCI est une catégorie particulière de société civile, exclusivement destinée à la gestion d’un patrimoine immobilier. Les autres sociétés civiles peuvent exercer d’autres activités de nature civile, comme certaines professions libérales ou la gestion de biens mobiliers. La fiscalité n’est pas la même notamment le taux d’enregistrement au Trésor Public des cessions de parts est de 3% ou 5%.
Une société civile doit-elle être immatriculée ?
Oui. L’immatriculation est indispensable pour que la société acquière la personnalité morale et puisse agir en son nom propre.
Peut-on créer une société civile seul ?
Non. Une société civile doit être constituée par au moins deux associés, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales.
Une société civile peut-elle exercer une activité commerciale ?
En principe, non. Elle est destinée à exercer une activité de nature civile. Une activité principalement commerciale nécessite généralement le choix d’une société commerciale.
Peut-on modifier les statuts après l’immatriculation ?
Oui. Les statuts peuvent évoluer au cours de la vie de la société. Toute modification doit toutefois respecter les règles prévues par la loi et, dans la plupart des cas, faire l’objet de formalités de publicité et de déclaration.
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